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L'ecrit se reinvente hors de l'édition
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Fabrice Delaye / Bilan 18.11.2009
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L'écrit se réinvente hors de l'édition Au défi d'Internet depuis quinze ans, le monde de l'édition voit se multiplier les innovations. Après l'hyperlivre de Jacques Attali et ses codes-barres pour trouver des contenus complémentaires sur le Net, après BusinessModelGeneration, un ouvrage écrit en ligne par une communauté rassemblée par l'économiste d'HEC Alexandre Osterwalder, un chercheur de l'EPFL, Frédéric Kaplan publie La métamorphose des objets. l se livre à une réflexion sur la transformation des objets du quotidien en interfaces. En substance, les objets et leurs usages sont «augmentés» par des informations numériques. Son livre, lui-même, est un exemple de cette transformation. Il associe à chaque page imprimée une page Web grâce à une technologie qu'il a développée, le bookstrapping.

Ces innovations «soft» s'accompagnent d'autres dans le hardware. Même les sceptiques reconnaissent désormais un formidable potentiel aux liseuses électroniques.Steve Jobs, le patron d'Apple, qui n'y croyait pas, prépare le lancement d'une de ces tablettes, à l'éclairage doux, qui permettent de télécharger des dizaines de milliers de livres et de journaux.

Apple rejoint une bataille déjà âpre. Dans les métros américains, il n'est plus rare de voir des gens lire sur leurs Kindle, la liseuse lancée par Amazon il y a deux ans qui est maintenant commercialisée dans une centaine de pays. Fondé en 1932, Barnes & Noble vient de répliquer en ouvrant la plus grande librairie de livres numériques. Face aux 325 000 livres téléchargeables d'Amazon et aux 600 000 du Reader de Sony, elle propose d'entrée 700 000 titres grâce à l'apport gratuit de Google Books. Cette concurrence met en place toutes sortes de dynamiques. Amazon, Sonyet Google augmentent leurs contenus en multipliant les accords, les langues et les marchés. Sony vient d'ouvrir sa plate-forme à l'autopublication et aux petits éditeurs. Des économies d'échelle apparaissent. PVI, groupe taïwanais fournisseur du papier électronique, vient de multiplier sa capacité de production par quatre avec, à la clé, une nette baisse de prix des liseuses.

Le papier à la demande

Comme on le voit avec l'exemple des hyperlivres, la numérisation ne conduit pas à la disparition du papier. En Belgique, l'imprimeur Pelemanse réinvente avec l'impression à la demande. Sur son site UniBook, on télécharge le livre qu'on a écrit et on ne paye rien (ou presque) pour son impression. Ce sont les internautes qui achètent chaque livre sur le site, celui-ci étant imprimé et expédié à un prix compétitif car il n'y a plus ni stock ni pilon.

Il est trop tôt pour savoir si ces innovations convaincront les nouveaux lecteurs-utilisateurs-écrivains. Mais elles ont un point commun surprenant. Aucune ne vient des éditeurs traditionnels.

Quinze ans après les débuts du Web, la plupart des maisons d'édition semblent toujours penser qu'un département de recherche et développement est une dépense inutile.

LE BILANOMETER
Les sites utiles sur le sujet

www.metamorphosedesobjets.com Le site interactif du livre de Frédéric Kaplan.
http://papierelectronique.blogspot.com Le blog de Bruno Rives, expert du livre numérique.
www.numilog.com La librairie de livres électroniques de Hachette.





Tech SUPPORT Question à Frédéric Kaplan, fondateur d’Ozwe

Q Quel avenir voyez-vous au livre?
R Le livre a des qualités de robustesse, de transport et de manipulation qui ne sont plus à démontrer. Ces qualités sont aujourd’hui augmentées en en faisant une interface de premier choix avec d’autres contenus numériques par le biais d’un navigateur, d’un smartphone, notamment. En fait, il peut devenir une interface pour d’autres médias.